lundi 6 février 2012

Un ex-trader de la Caisse d'Epargne jugé pour la perte de 751 millions d'euros

Un ancien trader de la Caisse d'épargne, Boris Picano-Nacci, sera jugé pour "abus de confiance" après la perte de 751 millions d'euros subie en octobre 2008 par la banque, a-t-on appris lundi 6 février de sources proches de l'enquête.

Cette perte, survenue en pleine turbulence boursière, avait contraint le président de la Caisse d'épargne, Charles Milhaud, et le directeur général, Nicolas Mérindol, à démissionner, sous la pression du gouvernement et du président de la République. La Commission bancaire avait condamné la Caisse d'épargne à une amende de 20 millions d'euros en juillet 2009 pour avoir enfreint la réglementation sur le contrôle interne mais cette amende avait été annulée par le Conseil d'Etat en novembre 2010.
L'ancien trader est soupçonné d'avoir outrepassé son mandat en prenant des positions hors normes sur les marchés entre le 15 septembre et la mi-octobre 2008. Il était alors chargé de la gestion pour compte propre (des fonds appartenant à la banque) sur le marché des dérivés actions de la Caisse d'épargne, qui a ensuite fusionné avec la Banque populaire. Avec deux autres collègues, il était alors censé liquider progressivement son portefeuille d'ici à la fin de l'année, le directoire de la banque ayant alors décidé de cesser ces activités d'investissement au 31 décembre.

Début octobre 2008, alors que les pertes dépassaient les 100 millions d'euros, le trader assure avoir informé sa hiérarchie mais il aurait, selon la banque, tenté de minimiser les risques par des déclarations "rassurantes" et "mensongères". La banque n'avait finalement soldé les positions du trader qu'entre le 14 et le 17 octobre, enregistrant une perte finale de 751 millions.

Après l'annonce de cette perte, la Caisse nationale des caisses d'épargne et de prévoyance (CNCE) avait déposé plainte contre X, arguant "d'éléments troublants pouvant revêtir à l'évidence une qualification pénale". Un audit interne avait assuré que le trader s'était "engagé de sa propre initiative et pour des montants importants (..) dans une stratégie risquée".

Le trader avait fait valoir en garde à vue qu'il avait été laissé libre d'agir sur les marchés jusqu'au 31 décembre alors que la banque soutenait avoir demandé à ses traders de réduire leur exposition au fur et à mesure jusqu'à cette date.

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