lundi 6 février 2012

Mariani : «3000 personnes ont déjà perdu leur journée»

Le Figaro - Quelle est votre position vis-à-vis de cette grève du personnel navigant d'Air France?

Thierry Mariani- Cette grève n'a aucun sens. J'entends dire que la proposition de loi sur le service garanti serait une atteinte au droit de grève mais tout interlocuteur sérieux sait bien que ce n'est pas le cas. Le droit de grève a-t-il été menacé depuis 2007 à la SNCF ou à la RATP, deux entreprises où le service garanti est entré en vigueur? Non. La France est le seul grand pays européen où il n'y a pas de règlementation du droit de grève dans le secteur du transport aérien.

Cette grève ne tombe-t-elle pas à un mauvais moment pour Air France?

Oui, c'est certain que ce mouvement arrive à un moment où Air France doit se restructurer. Un tel mouvement coûte entre 10 et 50 millions d'euros par jour pour l'ensemble du secteur aérien. Compte tenu de la situation financière de l'entreprise, ce mouvement est totalement inopportun. Il faut rappeler qu'à la différence du transport ferroviaire, l'aérien est soumis à la concurrence internationale et que cette grève ternit un peu plus l'image de la compagnie auprès de sa clientèle française et internationale. Les trois derniers départs en vacances ont tous été précédés d'une grève ou d'un préavis de grève d'une catégorie du personnel d'Air France. Nous ne pouvons plus nous permettre de nous demander à la veille de chaque vacance qui va faire grève cette fois-ci. Cette proposition de loi est un projet parlementaire. Mais elle est soutenue par NKM, Xavier Bertrand et moi-même. Je peux vous garantir que la détermination de la majorité est totale.

Doit-on s'attendre à un mouvement d'ampleur et à une semaine noire dans le transport aérien?

A priori non. Lundi, Air France a effectué un abattement préventif de 20% de ses 1500 vols de la journée. Et à 9 heures du matin, 20 vols en plus avaient été annulés à chaud. A raison de 150 passagers par vol environ, cela veut dire que 3000 personnes dès ce lundi matin ont perdu leur journée en venant à l'aéroport pour rien. Avec cette proposition de loi, elles auraient pu s'organiser et se rabattre sur d'autres vols ou sur le transport ferroviaire. A la planification des vols chez Air France, les cadres se demandent à chaque minute si leurs pilotes vont venir ou pas. L'entreprise a le droit de s'organiser et les passagers ont un droit à l'information. Et le jour où il y aura 100% de grévistes, il y aura bien 100% de vols annulés. Je le répète: notre proposition de loi n'est donc pas une menace pour le droit de grève. 

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